Antoine Parodi




En images


Une planète plus verte, un monde plus juste
 

jeudi 15 juillet 2010

David contre Goliath

Je viens de tomber par hasard sur cette brève du ministère de l'écologie datant d'avril dernier. Un beau cocorico fait dans les règles de l'art.

"Signature du 100 000e éco-prêt à taux zéro

Cet engagement du Grenelle Environnement mit en place, il y a moins d’un an, fête sa 100 000e signature. L’éco-prêt à taux zéro permet aux particuliers de financer des travaux d’économies d’énergie pour un logement plus économe, plus confortable et moins émetteur de gaz à effet de serre."

Bravo ! 100 000, c'est un gros chiffre qui frappe les esprits !

Oui, mais...

La première règlementation thermique date de 1975, et 17 millions de logements ont été construits sans aucune norme en terme d'isolation. Et ceux construits depuis cette date sont encore loin, y compris les plus récents, de répondre à des normes ambitieuses en matière d'économies d'énergie.

100 000 éco-prêts en un an, c'est bien, mais à ce rythme, il faudrait 170 ans pour traiter les 17 millions de logements les plus énergivores !

Un bel exemple qui souligne combien les responsables politiques au gouvernement (comme d'ailleurs certains, nombreux, dans l'opposition) n'ont pas saisi l'ampleur des changements à initier pour répondre aux enjeux écologiques.

Enjeux écologiques qui n'attendront pas 170 ans pour se faire connaître...


mardi 20 avril 2010

Danse de la pluie : tenue correcte exigée !

Le blog d'Eric Azan rapporte cette information absolument ahurissante : les catastrophes naturelles sont provoquées par le port du string, d'après un ayatollah iranien.

Je caricature à peine, parce que voici la déclaration telle que retranscrite :

"Les catastrophes naturelles sont le résultat de notre propre comportement », a déclaré M. Sedighi.« Beaucoup de femmes mal habillées » (ne respectant pas la tenue islamique, ndlr) « corrompent les jeunes, et l’augmentation des relations sexuelles illicites fait accroître le nombre des tremblements de terre », a-t-il déclaré. Les relations sexuelles hors mariage sont officiellement interdites en Iran."

Outre que le raisonnement femmes "mal habillées" (comprendre provocantes)=relations sexuelles rappelle étrangement le "elle l'a un peu cherché quand même" exprimé par ceux qui cherchent des explications au viol, on ne peut que rester bouche bée devant un tel monceau d'ineptie.

Et la tempête Xinthia, c'est lié au concours de T-Shirt mouillé de l'été dernier au camping de La Faute Sur Mer, peut-être ?! Quant à l'éruption islandaise, alors que le climat local oblige les habitants à porter doudoune, gants et bonnet depuis des mois, on cherche toujours une explication...

Toujours dans la rubrique "n'importe quoi", mais en vraiment drôle cette fois-ci :


lundi 21 septembre 2009

La lol crédibilité internationale de Ségolène Royal

Serions-nous en train d'assister au naufrage politique de Ségolène Royal et de son courant ?Après une crise de populisme fiscal pendant le débat lié à la taxe carbone, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a lancé la nouvelle version du site de son courant Désir d'avenir.

Je l'avoue, j'ai cru qu'il s'agissait de la version lol mdr ptdr. Je ne suis visiblement pas le seul.


lundi 14 septembre 2009

Gauche américaine : encore et toujours coupable

Entre 70 et 100 000 personnes ont manifesté dimanche dernier à Washington pour protester contre le projet de réforme du système de santé initié par la présidence de Barack Obama. Si cette manifestation est largement pilotée par la droite dure, elle reflète un mouvement profond de la société américaine à voir se mettre en place un système public d'assurance santé.

Déjà, en 1994, la première administration Clinton avait du battre en retraite sur le même sujet face au blocage orchestré par les conservateurs, majoritaires au Congrès, et se contenter de la mise en place de programmes parcellaires (Medicare et Medicaid) notamment dirigées vers les personnes âgées.

La crainte d'un coût insupportable pour les finances publiques, liée au refus idéologique de voir l'Etat prendre en main un secteur de la vie quotidienne sont les principales motivations des opposants. Alliés aux arguments irrationnels, tel que la peur de voir les médecins euthanasier les malades pour alléger les coûts, cela donne un mouvement de refus puissant, qui s'est illustré dans les rues de la capitale fédérale.

Avec un beau clivage gauche-droite comme celui-là, on pourrait s'attendre à ce que notre belle gauche française soit 100% derrière le président Obama. Il avait fait toute sa campagne sur le thème du changement, et tient promesse.

Mais les mêmes qui expliquaient avant l'élection d'Obama que celui-ci ne serait que le président des réformettes d'accompagnement du système libéral, poursuivent dans la même voie.

Ainsi, dans son éditorial du numéro de septembre du Monde Diplomatique, Serge Halimi met dans le même sac une loi qui permettrait à 47 millions d'américains de bénéficier d'une couverture maladie et Christine Lagarde qui justifie les bonus des traders !

On croît rêver !

Mais de la part de la même gauche qui avait torpillé la Taxe Tobin au Parlement européen au nom de la lutte anti-capitaliste, il n'y a en fait rien de bien étonnant. Peut-être juste quelque chose de désolant.


mercredi 18 mars 2009

Les priorités du gouvernement

Lu sur lemonde.fr ce matin :

La France va doubler ses commandes d'armement

En période de crise économique, le gouvernement va doubler en 2009 le montant de ses commandes à l'industrie de la défense, selon des chiffres communiqués, mardi 17 mars, par la délégation générale pour l'armement (DGA).

La DGA – maître d'ouvrage des programmes d'armement, responsable de la conception, de l'acquisition et de l'évaluation des équipements des forces armées – devrait notifier pour plus de 20 milliards d'euros de commandes cette année, contre 9,3 milliards en 2008.


Commentaire personnel : on a l'air bien malin, à Europe Ecologie, à proposer un Bruxelles de l'emploi et un plan européen de conversion écologique de l'économie, créatrice de 10 millions d'emplois en Europe dans les énergies renouvelables, l'isolation des logements, l'écoconstruction, le recyclage, l'agriculture paysanne et biologique...

On n'avait pas compris que les avions et les chars, c'était de la vraie relance moderne !


lundi 9 mars 2009

Le NPA vu par lui-même

Je suis retombé presque par hasard sur ce blogueur qui avait agressé débattu avec Franck il y a quelques mois. Constatant la "montée" de son leader maximo, il se prend à rêver tout haut à la qualification d'OB (Olivier Besancenot, pour les intimes) au second tour de l'élection présidentielle de 2012 ! Pas moins que ça !

Franchement, c'est un peu comme les gens qui s'esbaudissaient il y a encore quelques mois en répétant, l'air mi-inquiet, mi-rêveur, que "Sarkozy, il est trop fort". Il y a désormais les "Besancenot, quelle ascension !"

Sauf que derrière l'image marketing, construite patiemment depuis 2002 à l'aide de communicants bien payés et efficaces, il y un homme public qui, étonnamment, n'hésite pas à dire tout haut des choses qui, sur le terrain politique, ne se dise pas.

Besancenot, briseur de tabous ?

Oui, assurément. Quand on réécoute son dernier passage sur France Inter, le 5 février dernier, on est abasourdi de tant de franchise !

Demorand : Le NPA sera un parti de gouvernement ?

Besancenot : Le NPA a pour fonction de changer d'échelle. C'est à dire de montrer dans la gauche radicale que l'on est pas condamné éternellement à être minoritaire et à porter des majorités d'idées. Si ces idées un jour deviennent majoritaires, qu'elles soient appliquées, donc qu'elles gouvernent, mais pas dans le cadre des institutions actuelles. Tous les partis de gauche qui ont essayé de mettre les mains "dans le cambouis" du pouvoir dans le cadre des institutions actuelles ont fini par faire des politiques de droite. Pas parce qu'ils étaient malintentionnés à la base, mais parce que dans le cadre des institutions actuelles le pouvoir est entre les mains des institutions économiques.

Demorand : Donc vous ne récusez pas l'idée que le NPA est un parti de gouvernement.

Besancenot : Pas dans le cadre des institutions actuelles. Maintenant on n'est pas des loosers ! On a envie que nos idées voient le jour, mais pas...

Demorand : Exercer le pouvoir politique, donc ?...

Besancenot : Mais pas ce pouvoir là, c'est important de bien comprendre. Pour nous le changement que l'on préconise ne peut pas venir de la bonne combinaison de majorités parlementaires.

Notre ami blogueur de "CSP" aura beau s'énerver que l'on cherche à diaboliser le NPA et son chef médiatique, il n'empêche que les choses sont dites très clairement. La stratégie du NPA est de devenir un parti majoritaire à lui tout seul, pour gouverner sans combinaisons parlementaires.

Pour avoir étudié ces questions durant mes dernières années d'études, je peux vous révéler un scoop. Dans aucune démocratie d'aucun pays du monde sur les cinquante dernières années, un parti politique n'a gouverné après avoir obtenu plus de 50% des voix aux élections parlementaires au premier tour. En France, l'UMP, en 2007, a réalisé 42% des suffrages, un niveau extrêmement élevé, même pour la droite. Seul l'UDR aux élections de 1967 avait réussi cette performance. Jamais aucun parti de gauche, fût-il timoré, fût-il radical, fût-il conduit par un leader ultra-charismatique, n'a dépassé les 36% du PS au premier tour des législatives de 1981. Comment imaginer, dans ces conditions, gouverner sans prendre part à une coalition parlementaire ? A moins de considérer que le Parlement est une instance bourgeoise uniquement défenseur des intérêts de sa classe, si l'on croit à la démocratie représentative, qui est incontournable, même en développant massivement les instances de démocratie directe, un parti ne doit pas craindre de se mettre d'accord sur un programme commun.

Je crois même qu'une coalition parlementaire est une forme d'alliance politique saine. On connaît finalement peu, en France, de coalitions nationales, du fait du mode de scrutin majoritaire, qui permet aux deux plus gros partis, même à 25% des suffrages au premier tour, de qualifier ses candidats pour le second tour. La majorité parlementaire actuelle, c'est 45% au premier tour des législatives de 2007. La "gauche plurielle" de 1997 n'avait pas atteint les 40% au premier tour. Les pays appliquant la proportionnelle sont beaucoup mieux représentatifs, évidemment. Ce qui oblige à la construction de majorités d'idées, autour d'un consensus. Les Suisses sont connus pour leur goût du consensus, et pour leur respect des minorités et des oppositions. Sont-ils pourtant moins bien gouvernés que nous ?

L'autre idée frappante, quand on relit les propos d'Olivier Besancenot, c'est ce martèlement de l'expression "dans le cadre des institutions actuelles". Je fais partie des gens qui pensent que nos institutions doivent être réformées en profondeur. Mais je reconnais aussi une légitimité aux institutions actuelles. Après tout, la Constitution de la Vème République a été approuvée par le Peuple Français lui-même par référendum. Et la gauche dite radicale nous rabâche assez depuis le 29 mai 2005, combien la parole du peuple, lors de référendum, est importante ! Ce qui signifie que pour prétendre modifier les institutions de la Vème République, il faut passer dans un premier temps par elles. Je n'identifie pas d'autres moyens de les changer. Ou alors ce ne sont pas des moyens démocratiques...


vendredi 17 octobre 2008

Conscience écologique - 2

Ce matin, en sortant mon chien, je remarque face aux quelques marches de l'entrée de mon immeuble un véhicule utilitaire vert, moteur allumé, dont le conducteur est à l'intérieur en train de lire un manuel, genre mode d'emploi.

Je remonte chez moi, et redescends cinq minutes après avec mon fils pour l'emmener à la crèche. Le véhicule vert est toujours là, toujours moteur allumé. Le type à l'intérieur fume maintenant une cigarette.

Un gros quart d'heure plus tard, je reviens de la crèche. La camionette verte stationne encore, toujours moteur allumé. Le conducteur est en pleine lecture du journal, qu'il accompagne d'une nouvelle (énième ?) cigarette !

Au moins une demie-heure le moteur allumé à l'arrêt !


mardi 7 octobre 2008

"Je n'ai rien d'un Bisounours, Monsieur Demorand"

« Je n'ai rien d'un Bisounours. »

Cette phrase, Olivier Besancenot l'a prononcée sur un ton calme, avec une sonorité la plus neutre possible, masquant presque l'agacement qui montait en lui.

Il faut dire que Nicolas Demorand, qui le recevait hier matin sur France Inter, avait décidé d'être pénible.

« Pourquoi vous ne dissipez pas l'ambiguïté ? Pourquoi vous ne dîtes pas que l'arme, c'est le bulletin de vote ? »

Olivier Besancenot n'a pas voulu prononcer cette phrase, se contentant d'un « le bulletin de vote ne suffit pas ».

En réalité, le discours de Besancenot est ambiguë.

- Dès lors que l'on est révolutionnaire, on admet qu'il y a de la violence en politique ?

- Pas besoin d'être révolutionnaire pour ça. La violence est déjà là, regardez l'Etat qui envoie ses flics sur les manifestants, qui expulse les sans-papiers...

Argument malhonnête, puisqu'il confond violence légitime de l'Etat (ceux qui ont bossé Max Weber comprendront parfaitement la différence), avec la violence d'une prise de pouvoir « par la rue ». Or, l'une et l'autre peuvent s'égaler dans le dégueulasse, mais, en démocratie, il me semble hallucinant d'oublier qu'une politique d'usage poussé de la police, par exemple, reste fondé sur un choix démocratique qui est le vote majoritaire lors d'élections libres.

- Soit on prend le pouvoir par les urnes, et on est en démocratie, soit on fait la révolution et on admet la violence ?

- Non, les révolutionnaires ne sont ceux qui veulent le plus de violence. Les révolutionnaires sont pour une société où il n'y a plus de violence.

On a eu droit ensuite à Che Guevarra et à la Commune de Paris, qui serait un excellent exemple selon le porte-parole du NPA, de la manière dont « une majorité de la population fait irruption sur la scène politique ». En oubliant au passage que les élections de la Commune de Paris ont connu un taux de participation ridicule, dans un contexte d'un Paris vidé d'une partie de ses habitants et en guerre.

Mais, par chance, l'arme, ce n'est pas le bulletin de vote. « L'arme, c'est le nombre. Nous voulons la combinaison entre suffrage universel et démocratie directe »

Olivier Besancenot et Ségolène Royal, même combat ? Rassurez-vous, le premier a bien lu Trostky, et veut bel et bien construire l'élite avancée de la classe ouvrière.

Quand on en est, au bout de 10 minutes à être poussé dans ses retranchements par Demorand, à rappeler être pour les élections libres, la liberté de la presse, le multipartisme, c'est qu'il y a comme un malaise énorme.

Et si on a du mal à la dissiper, c'est qu'il est assumé.


mercredi 16 juillet 2008

Dieudonné n'en finit pas de contribuer à la création d'un Reich de 1000 ans

D'après le quotidien Libération, "l'humoriste" Dieudonné a définitivement perdu son sens de l'humour qui le faisait combattre Marie-France Stirbois à Dreux, dans les années 1990.

Il aurait demandé à Jean-Marie Le Pen d'être le parrain de sa quatrième fille, lors d'une cérémonie religieuse célébrée par le prêtre qui a prononcé l'homélie lors des obsèques de Paul Touvier.

L'alliance de deux personnalités aux parcours jusqu'alors diamétralement opposés est vraiment désolant. Leur croyance en un ennemi commun, les Juifs, voire les Arabes/Maghrebins, est désormais leur terrain commun.

Au pire, Dieudonné serait seul. Mais il entraîne avec lui une nébuleuse qui dérive avec lui. Je connais des personnes qui se sentent proche de Dieudonné, parce qu'il combattrait pour la cause des Noirs en France. Au prix certes d'une haine tenace pour les victimes de l'holocauste.

Il est urgent, en France, de soutenir toutes les initiatives visant à faire émerger un mouvement militant Noir, comme peut le faire le CRAN (mais pas seulement eux), pour couper court au monopole de Dieudonné, qui loin de faire reculer le racisme ordinaire contre les Noirs, le laisse sans opposant crédible.


mercredi 11 juin 2008

Les Français sont majoritairement pour l'impôt

Information intéressante lue dans Alternatives économiques :

D'après une étude de Msn.fr, 60% des plus de 50 ans et 77% des 18-24 ans n'envisageraient pas de quitter la France s'il devenaient assujettis à l'ISF.

Commentaire du magazine : en prenant en compte ceux qui affirment qu'ils pourraient déménager mais ne passeraient pas réellement à l'acte, on constate qu'une très large majorité de Français ne considère pas l'ISF comme un impôt confiscatoire et scandaleux. Pour rappel, le montant moyen de l'ISF tourne autour de 1100 euros annuels par foyer imposable (pour la première tranche d'imposition, qui concerne plus de la moitié des redevables), soit l'équivalent d'une taxe foncière en banlieue parisienne pour un appartement 3 pièces.

Celà ne signifie pas pour autant que les gens sont ravis de payer des impôts, mais permet de relativiser très fortement le discours à tendance poujadiste véhiculé par nos amis de l'UMP. Tant pis pour les thuriféraires du "moins d'Etat" et de la réduction idéologique "du train de vie de l'Etat", expression sous-entendant que celui-ci dépense à tord et à travers, un peu comme cette famille de smicards qui préfère investir dans un écran plat que dans les fournitures scolaires du petit dernier.

A cet égard, l'annonce aujourd'hui par le Président de la République du maintien du rythme de suppression de postes de fonctionnaires relève davantage de l'idéologie et même de l'agit-prop' que d'une politique fondée sur une analyse concrète des besoins et des missions de la collectivité publique.

Heureusement, les retombées médias s'annoncent bonnes, et la remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages d'opinion devrait se poursuivre.

 

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