Un Français en vacances ou comment toucher du doigt le retard de la France sur ses voisins |
|
Par Antoine Parodi, mardi 28 juillet 2009 à 21:17 - La vie en vert - #221 - rss |
|
En plein mois de juillet, ce titre est évidemment d'une originalité folle, encore que près d'un habitant sur deux de ce pays ne partira pas de chez lui cet été, congés payés ou pas. J'ai la chance de faire partie de la moitié qui part, et même de ceux, encore minoritaire, qui sont déjà parti un peu. Pas les vacances du siècle, mais trois jours en Alsace, ça fait du bien. Mardi, excursion au sommet du Feldberg, qui domine du haut de ses 1 493 mètres toute la Forêt Noire, en Allemagne, à trente minutes de route de Freiburg-im-Breisgau, la ville la plus écolo d'Europe. Evidemment, la route n'emmène pas au sommet. Arrivé à environ 1 000 mètres d'altitude, une route secondaire me dirige vers le point haut routier, terminus pour toutes les voitures et tous les autocars. Enfin, pour une route secondaire, elle compte deux voies larges, auxquelles s'ajoute une voie réservée aux bus ! 500 mètres plus haut, c'est la fin de la route, et le parking obligatoire. Le panneau, en allemand, indique le tarif du stationnement : 3 euros forfaitaires. Et là, j'ai mon réflexe de bon français de base : "où est le parking gratuit ? Même si c'est plus loin, tant pis, je ne vais pas dépenser 3 euros pour laisser ma voiture !" Bah si ! Si, on dépense 3 euros pour laisser sa voiture au pied de la montée finale. Si, on accepte que la présence de son véhicule trouve une expression monétaire, parce qu'il représente un coût pour l'environnement (au demeurant magnifique). On nous a habitué à ce que tout soit, sinon gratuit, sinon pas cher. On nous a habitué à faire abstraction des coûts cachés, qui sont la plupart du temps des coûts sur l'environnement, sans que l'on nous présente jamais la facture. Ça coûte combien, de construire une autoroute, c'est à dire de couler des milliers de tonnes de bîtume sur des millions de tonnes de gravas, c'est à dire couper en deux des forêts, des champs, des villes, c'est à dire faire se déplacer des milliers d'espèces d'insectes, d'oiseaux, de rongeurs, bref, modifier de manière irréversible un paysage et des écosystèmes. Nos vies coûtent à la planète. C'est ce que l'on appelle l'empreinte écologique. Cette empreinte détermine la quantité d'espaces et de ressources nécessaires à la satisfactions de nos "besoins". Sur le site du WWF, vous pouvez calculer la vôtre. J'en serai à environ 2 planètes, quand la moyenne française tourne à 3, et même 5 pour un états-unien moyen. TrackbacksAucun trackback. Les trackbacks pour ce billet sont fermés. |

Commentaires
1. Le jeudi 30 juillet 2009 à 11:01, par cvw
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.