Nous arrivons maintenant aux dernières heures avant le scrutin de dimanche, et le bilan est déjà réalisable.

Le premier des constats, c'est l'impasse sur ces élections européennes qu'ont choisi de faire la quasi totalité des partis politiques français, qui explique avant toute chose l'abstention importante attendue dimanche.

Le Parti socialiste et l'UMP ont été aux abonnés absents pendant de longs mois. Pour le parti du président, ces élections sont déjà un succès, puisque l'UMP devrait arriver en tête. Un succès avec un revers cruel : si arriver devant les autres est une victoire, plafonner à moins de 30% de voix, c'est trahir une réalité politique. Le parti qui contrôle tous les rouages des institutions nationales françaises représente moins d'1 électeur sur 3.

La situation du Parti socialiste est encore plus terrible. Après s'être rassuré depuis le début de l'année en expliquant qu'entre 20 et 23% des intentions de vote, le PS réaliserait un score équivalent à ces résultats passés des trente dernières années aux européennes, les signaux d'alerte sont arrivés il y a quinze jours? Avec des sondages situant le PS à moins de 20%. Et, curieusement, les socialistes s'agitent, agressent, insultent. Dernières déclarations en date, celles de Jean-Christophe Cambadélis, qui a affirmé que le rassemblement d'Europe Ecologie était une facade, parce que ni Noël Mamère, ni Dominique Voynet ne faisait campagne pour les listes Cohn-Bendit. C'est incroyablement faux ! Dominique Voynet animait un meeting dans sa ville de Montreuil pas plus tard que la semaine dernière, et Noël Mamère est de la quasi totalité des meetings nationaux !

L'autre déception de cette campagne, c'est celle qui vient du Modem. La tradition démocrate-chrétienne, la pratique de l'ancienne UDF avait fait de ce courant politique le courant le plus pro-européen avec les écologistes. Quel messacre depuis quelques mois ! Au nom des ambitions présidentielles de François Bayrou, le Modem passe à côté de ces élections. J'ai lu le programme du Modem. Il tient sur quatre pages en format A4. Aucunes propositions concrètes, que des phrases générales et de bonnes intentions.

Enfin, sans surprise, le NPA fait campagne pour surtout ne pas être élu. La tête de liste NPA dans le sud-est le disait il y a quelques jours sur France 3. Selon eux, les députés européens n'ont aucun pouvoir pour changer l'Europe. S'ils pensent vraiment cela, quel intérêt à se présenter, autre que de faire un ballon d'essai pour tester la popularité du nouveau parti d'extrême gauche ?

Et puis, il y a Europe Ecologie. La campagne du rassemblement des écolos, des Verts (Dany Cohn-Bendit) à la société civile (Eva Joly) en passant par les écolos associatifs (Yannick Jadot, Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset) et les écolos altermondialistes (José Bové) a commencé il y a six mois. Le travail a été sérieux. Parcourez le programme. Vous verrez qu'on ne se moque pas des électeurs. Sur chaque sujet, les propositions sont concrètes, argumentés, réalistes et radicales.

Cela semble séduire de plus d'électeurs. Les listes Europe Ecologie sont les seules à progresser dans les sondages depuis six mois, passant de 7% en mars à 11% aujourd'hui, avec une pointe annoncée en Ile-de-France (16% d'après BVA, un score absolument historique !).

Tout peut changer d'ici dimanche. Ne vous laisser pas tromper par la fuite en avant des socialistes, les impostures des centristes ou la nonchalance des conservateurs. Votez convictions, sérieux et enthousiasme ! Votez Europe Ecologie !