Rédigé à partir d'un extrait du rapport d'Anny Poursinoff, Conseillère régionale verte d'Ile-de-France sur l'agriculture biologique :

Gestion de l'eau : l'exemple de la Ville de Munich

La municipalité de Munich a décidé à partir de 1991 d'encourager l'agriculture biologique (AB) sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d'eau potable afin d'intervenir en amont sur la qualité de l'eau et d'éviter de coûteux traitements.

L'investissement de la commune s'est traduit par un accompagnement technique par le biais des associations pro-AB locales, et par un soutien financier. La municipalité a abondé les aides versées par l'Etat aux producteurs pour honorer leur contribution à la protection de l'eau. L'Etat verse 155 €/hectare/an. La ville de Munich verse 280 €/hectare/an pendant six ans puis 230 €/hectare/an les douzes années suivantes.

La taille moyenne des exploitations étant de 24 hectares, un agriculteur du territoire concerné touche envir. A titre de comparaison, la même ferme en France (15 hectares d'herbes + 9 hectares de cultures) touche environ 3 300 € d'aides par an dans le cadre des mesures agri-environnementales (mesures censées aider l'AB).

Par ailleurs, la ville de Munich a cherché à être un débouché commercial, en devenant le premier client des producteurs biologiques (lait biologique pour les crèches, sandwichs et pains biologiques dans les établissements scolaires...).

Le succès est au rendez-vous, puisque depuis 1991, 83% des 2 250 hectares de terres agricoles visées sont passés en bio. De 23 en 1993, ce sont 107 producteurs qui pratiquent aujourd'hui l'AB.

La qualité de l'eau s'en est fortement améliorée. La concentration de nitrates a diminué de 43% et celle des phytosanitaires de 54% !

Économiquement, la collectivité publique est également gagnante. La politique pro-agriculture biologique coûte environ 750 000 € par an, ce qui correspond à environ 1 centime d'€/m3 d'eau distribuée. Le coût équivalent de la dénitrification est estimé en France à environ 27 centimes d'€ le m3.

C'est sans doute ce qui amène les promoteurs du projet de circuit de Formule 1 à vouloir l'installer sur une zone de capatge d'eau potable dans les Yvelynes, en lieu et place d'un projet d'implantation d'agriculture biologique. Au moins, quand on verra la dégradation de la qualité de l'eau, on ne pourra pas accuser l'agriculture productiviste intensive !