Deuxième journée pour le rendez-vous estival des écolos.

Depuis mon adhésion aux Verts en 1999, je n'ai loupé que deux éditions des Journées d'été, en 2004 et en 2005. Il faut dire que je trouve ça toujours très sympa de croiser des copains écolos de toute la France. Et puis, autant le dire, ça fait du bien, de temps en temps, de se retrouver entre écolo, à se dire des trucs d'écolo, sans avoir l'interlocuteur qui vous regarde de manière louche parce que vous avez lâché un MECD !

Trip communautaire, donc...

Hier matin, formation sur la rénovation écologique des bâtiments. J'avais suivi l'année dernière une autre formation, animée par Pierre Kermen, à l'époque maire-adjoint à l'urbanisme de la ville de Grenoble, qui portait notamment sur la construction de la ZAC De Bonne, laquelle comporte un des premiers bâtiment tertiaire à énergie positive. Une des principales idées que je retiens, au delà des aspects techniques des questions énergétiques dans les bâtiments, est qu'il ne faut pas "tuer le gisement". Le bâtiment représente 46% des consommations d'énergie et 30% des émissions de Gaz à Effet de Serre. La majeure partie des études s'accorde sur un potentiel d'économies de consommations d'énergies de 50% environ.

Mais pas n'importe comment : il est possible d'attendre ce chiffre d'économies, sous deux conditions sine qua non : - les constructions neuves doivent approcher l'autonomie énergétique, et ne pas dépasser les 15 à 20 kwh/m²/an. - les réhabilitations dans l'ancien doivent être massives par leur nombre (notamment pour les 17 millions de logements construits sans aucune norme thermique) et par leur ampleur, c'est à dire en atteignant des niveaux de 80 kwh/m²/an, alors que l'on se situe aurtour des 250 aujourd'hui.

Et, de manière complémentaire à ces deux éléments, il ne faut pas "tuer le gisement" d'économies possibles. Autrement dit, il est contreproductif de précéder à une réhabilitation de toute façon coûteuse en isolant un peu plus, comme le prévoit la norme RT en vigueur, qui exige des besoins de consommations de 100 kwh/m²/an, si c'est pour avoir à refaire des travaux dans quelques années pour aller encore plus loin. Il vaut mieux utiliser la stratégie menée par certains bailleurs sociaux, qui font le choix, une première année, d'isoler la toiture correctement, puis un ou deux ans après d'installer des doubles vitrages voire des triples vitrages. Un ou deux ans après, ils se lancent dans la réalisation d'une isolation par l'extérieur labelisée BBC-Effinergie.

Ce qui est beaucoup plus efficace que de faire de la demie-mesure. Ce n'est pas le choix qui est en train d'être fait sur Noisiel, pour ce qui concerne le futur bâtiment du restaurant scolaire de l'école Jules-Ferry-Maryse Bastié. Le maire, en réponse à l'une de mes questions en Conseil municipal, a précisé que ce bâtiment serait en Haute Performance Energétique. Génial, direz-vous ! Sauf que le label HPE amène à des consommations de 15% inférieure à la règlementation thermique en vigueur, qui date de 2005, soit des niveaux de 85 kwh/m²/an. Pour du neuf, c'est une performance très médiocre.