lundi 12 octobre 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 12 octobre 2009 à 00:29 - Elections
Le premier tour de la législative partielle dans la 12ème circonscription des Yvelynes a eu lieu dimanche 11 octobre. Avec 44,2%, le candidat UMP sort largement en tête, devant le candidat socialiste (21,9%) et le candidat écologiste (14,9%). Les autres candidats (Modem, 7,8% ; Parti de Gauche, 4,9%) arrivent loin derrière.
Le commentateur pressé aura vite rédigé sa conclusion : les socialistes redressent la tête face aux écologistes. D'ailleurs, Jean-Paul Huchon aura vite fait de déclarer que "quand on est dans une zone d'Ile-de-France moins exceptionnelle que Rambouillet, le rapport de force redevient classique", allusion à la partielle qui avait vu la candidate écologiste se qualifier au détriment du PS pour le second tour, et créer la surprise en perdant l'élection de cinq petites voix, dans une circonscription très à droite.
Alors, tout est rentré dans le rang ?
Les écologistes sont les seuls à progresser
En multipliant leur résultat du premier tour des législatives de 2007 par plus de 4 ! Ce qui les fait passer de 3,5% à 15%. Les autres partis ne peuvent pas en dire autant. L'UMP et les socialistes réalisent le même score qu'en 2007, tandis que le Modem perd 5 points.
Le vote écologiste rassemble un électorat plus large que celui des socialistes
Les Verts arrivent devant le candidat PS dans 7 communes sur 12, contre 4 pour le PS (égalité à Orgeval). Le candidat écolo obtient de bons scores aussi bien dans des villes plutôt à droite (Médan, Morainviliers) que là où la gauche est la plus forte (Carrières, Les Clayes, Poissy...).
Le résultat du candidat se joue d'abord sur Poissy
C'est le maire de Poissy, principale ville de la circonscription, qui est arrivé second, pas le candidat socialiste. Contrairement à une élection normale, la participation a été plus forte sur Poissy que sur l'ensemble de la circonscription, et le résultat du maire-candidat socialiste est significativement plus élevé que sur le reste de la circonscription (+4,5 points). Cet écart donne une prime d'environ 300 voix, soit 2 points sur la circonscription.
Le niveau du PS, hors Poissy, se situe à 19% seulement
Les résultats de la circonscription hors Poissy sont instructifs. L'UMP, le Modem et le Parti de Gauche obtienne des résultats quasi similaires à la circonscription avec Poissy. En revanche, le PS perd 2,5 points, tandis que les Verts en gagnent plus d'1,5. Au final, l'écart se réduit à seulement trois points entre Verts et PS.
La conclusion hâtive qui consiste à penser que le PS est de retour pour tuer les Verts n'est donc peut-être pas aussi pertinente...
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lundi 21 septembre 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 21 septembre 2009 à 11:32 - Ces gens là...
Serions-nous en train d'assister au naufrage politique de Ségolène Royal et de son courant ?Après une crise de populisme fiscal pendant le débat lié à la taxe carbone, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a lancé la nouvelle version du site de son courant Désir d'avenir.
Je l'avoue, j'ai cru qu'il s'agissait de la version lol mdr ptdr. Je ne suis visiblement pas le seul.
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lundi 14 septembre 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 14 septembre 2009 à 23:55 - Ces gens là...
Entre 70 et 100 000 personnes ont manifesté dimanche dernier à Washington pour protester contre le projet de réforme du système de santé initié par la présidence de Barack Obama. Si cette manifestation est largement pilotée par la droite dure, elle reflète un mouvement profond de la société américaine à voir se mettre en place un système public d'assurance santé.
Déjà, en 1994, la première administration Clinton avait du battre en retraite sur le même sujet face au blocage orchestré par les conservateurs, majoritaires au Congrès, et se contenter de la mise en place de programmes parcellaires (Medicare et Medicaid) notamment dirigées vers les personnes âgées.
La crainte d'un coût insupportable pour les finances publiques, liée au refus idéologique de voir l'Etat prendre en main un secteur de la vie quotidienne sont les principales motivations des opposants. Alliés aux arguments irrationnels, tel que la peur de voir les médecins euthanasier les malades pour alléger les coûts, cela donne un mouvement de refus puissant, qui s'est illustré dans les rues de la capitale fédérale.
Avec un beau clivage gauche-droite comme celui-là, on pourrait s'attendre à ce que notre belle gauche française soit 100% derrière le président Obama. Il avait fait toute sa campagne sur le thème du changement, et tient promesse.
Mais les mêmes qui expliquaient avant l'élection d'Obama que celui-ci ne serait que le président des réformettes d'accompagnement du système libéral, poursuivent dans la même voie.
Ainsi, dans son éditorial du numéro de septembre du Monde Diplomatique, Serge Halimi met dans le même sac une loi qui permettrait à 47 millions d'américains de bénéficier d'une couverture maladie et Christine Lagarde qui justifie les bonus des traders !
On croît rêver !
Mais de la part de la même gauche qui avait torpillé la Taxe Tobin au Parlement européen au nom de la lutte anti-capitaliste, il n'y a en fait rien de bien étonnant. Peut-être juste quelque chose de désolant.
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mercredi 26 août 2009 |
Par Antoine Parodi,
mercredi 26 août 2009 à 00:35 - Elections
L'Allemagne, malgré la chaleur estivale, est plongée dans la campagne des élections législatives qui se dérouleront le 27 septembre prochain.
La CDU d'Angela Merkel, créditée de 37% des suffrages (36,8% en 2005), fait la course en tête, tandis que le SPD est en chute libre, avec 22%, un score identique à celui des européennes de juin (36% en 2005). Les trois autres principaux partis profitent de la situation. Les libéraux du FDP obtiendraient 15% (10% en 2005). Die Linke se maintient autour de 9% (9% en 2005), après avoir fleurté avec les 15% au début de l'année. Die Grünen progresseraient fortement en passant de 8,5% en 2005 à 12% cette année.
A un mois et demi du vote, il faut rester prudent. Lors des dernières législatives, le SPD avait effectué une remontée spectaculaire dans les dernières semaines, contraignant la CDU à la formation d'une « grande coalition » entre la gauche et la droite.
Le FDP a annoncé qu'il proposerait à la CDU de former une coalition majoritaire. Cette alliance est rendue possible par une situation inédite depuis 1998 : le total des partis de gauche et des Verts est pour l'instant minoritaire.
Les sondages en direct : cliquez ici !
Une remarque au passage : les Allemands ne s'encombrent pas de débats stériles sur "les alliances". Le simulateur de sièges propose de regarder quelles coalitions sont envisageables, compte tenu du nombre de siège requis pour obtenir une majorité au Bundestag. Grande coalition CDU-SPD ? Alliance jamaïquaine CDU-FDP-Grünen ? Tout est possible, du moins sur le papier, sans tabous !
Ce qui n'empêchent pas les partis d'annoncer leurs préférences, en les basant sur des éléments politiques, et pas sur des questions du type "gna gna le Modem c'est à droite" ou "gna gna le PC c'est des rouges". Ainsi, en 2005, les Verts allemands avaient annoncé qu'il était totalement inenvisageable qu'ils s'allient avec la CDU, notamment parce que cette dernière n'excluait pas de revenir sur la loi de sortie du nucléaire votée grâce aux écolos en 1998.
Pendant ce temps, en France... (sigh)
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mardi 28 juillet 2009 |
Par Antoine Parodi,
mardi 28 juillet 2009 à 21:17 - La vie en vert

En plein mois de juillet, ce titre est évidemment d'une originalité folle, encore que près d'un habitant sur deux de ce pays ne partira pas de chez lui cet été, congés payés ou pas.
J'ai la chance de faire partie de la moitié qui part, et même de ceux, encore minoritaire, qui sont déjà parti un peu. Pas les vacances du siècle, mais trois jours en Alsace, ça fait du bien.
Mardi, excursion au sommet du Feldberg, qui domine du haut de ses 1 493 mètres toute la Forêt Noire, en Allemagne, à trente minutes de route de Freiburg-im-Breisgau, la ville la plus écolo d'Europe.
Evidemment, la route n'emmène pas au sommet. Arrivé à environ 1 000 mètres d'altitude, une route secondaire me dirige vers le point haut routier, terminus pour toutes les voitures et tous les autocars. Enfin, pour une route secondaire, elle compte deux voies larges, auxquelles s'ajoute une voie réservée aux bus ! 500 mètres plus haut, c'est la fin de la route, et le parking obligatoire. Le panneau, en allemand, indique le tarif du stationnement : 3 euros forfaitaires.
Et là, j'ai mon réflexe de bon français de base : "où est le parking gratuit ? Même si c'est plus loin, tant pis, je ne vais pas dépenser 3 euros pour laisser ma voiture !"
Bah si ! Si, on dépense 3 euros pour laisser sa voiture au pied de la montée finale. Si, on accepte que la présence de son véhicule trouve une expression monétaire, parce qu'il représente un coût pour l'environnement (au demeurant magnifique).
On nous a habitué à ce que tout soit, sinon gratuit, sinon pas cher. On nous a habitué à faire abstraction des coûts cachés, qui sont la plupart du temps des coûts sur l'environnement, sans que l'on nous présente jamais la facture.
Ça coûte combien, de construire une autoroute, c'est à dire de couler des milliers de tonnes de bîtume sur des millions de tonnes de gravas, c'est à dire couper en deux des forêts, des champs, des villes, c'est à dire faire se déplacer des milliers d'espèces d'insectes, d'oiseaux, de rongeurs, bref, modifier de manière irréversible un paysage et des écosystèmes.
Nos vies coûtent à la planète. C'est ce que l'on appelle l'empreinte écologique. Cette empreinte détermine la quantité d'espaces et de ressources nécessaires à la satisfactions de nos "besoins".
Sur le site du WWF, vous pouvez calculer la vôtre. J'en serai à environ 2 planètes, quand la moyenne française tourne à 3, et même 5 pour un états-unien moyen.
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lundi 6 juillet 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 6 juillet 2009 à 20:09 - Elections
Un mois après cette formidable journée du vote des européennes, l'enthousiasme est toujours là !
Europe Ecologie est arrivé en tête devant le PS quasiment partout en Ile-de-France - dans 41 cantons sur 43 en Seine-et-Marne - avec sept points d'écart, du jamais vu dans notre région. En Seine-et-Marne, la performance des écologistes s'évalue particulièrement aux résultats obtenus dans les villes nouvelles, traditionnellement des "bastions" pour la gauche traditionnelle, à commencer par le Parti socialiste. A Sénart, les écologistes arrivent en tête sur l'ensemble de la ville nouvelle, y compris devant l'UMP, grâce aux bons résultats sur Savigny-le-Temple (19,5% pour Europe Ecologie, en première position), et surtout aux 31% obtenus à Cesson, seule commune du département dirigée par un maire Vert, Jean-Marc Brûlé.
A Marne-la-Vallée, les résultats sont du même niveau. Europe Ecologie, avec 21% des voix, arrive en tête sur le Val-Maubuée, devant l'UMP, et devant le PS qui n'arrive qu'en troisième position, alors que les quatre principales villes du secteur sont fortement ancrées à gauche avec des maires socialistes et c ommunistes réélus depuis plusieurs mandats. Fierté personnelle à Noisiel : les écolos font jeu égal avec le PS, à 7 voix prêt, avec le meilleur score départemental dans les villes de plus de 10 000 habitants.
On a lu, entendu toutes les explications possibles pour comprendre ce qu'il s'est passé le 7 juin. Le complot des deux Bertrand a tenu une place de choix : les intérêts de Yann-Artus Bertrand, avec la diffusion du film Home, auraient rencontré ceux de Xavier Bertrand, qui souhaitait tout faire pour contrer les socialistes. On a aussi beaucoup entendu qu'il fallait relativiser ces résultats, compte-tenu de l'abstention record. De la part des mêmes personnes qui se félicitaient des excellents résultats du PS il y a cinq ans, alors que l'abstention se situait quasiment aux mêmes niveaux, cet argument est plutôt savoureux.
Et puis, il y a tous ceux qui font mine de penser que les listes écolos ont "siphonné" les électeurs du Parti socialiste et du Modem. C'est vrai, si l'on considère que 20% des personnes se déclarant proches du PS ont choisi Europe Ecologie. C'est une analyse biaisée si l'on considère que les électeurs n'appartiennent à personne. Cette théorie que je nommerai "théorie du retour au bercail" avait déjà connu de belles heures entre 1999 et 2004, alors que la liste des Verts avait atteint les 10% des voix aux européennes de juin 1999. Cette théorie est simple : elle considère que le PS constitue par nature le principal parti de la gauche, et qu'il doit le rester. Le problème, c'est que le "par nature" fait comme si la déroute du PS à la présidentielle de 2002 n'avaient pas eu lieu, et que sa réédition il y a un mois n'était qu'un "accident" électoral.
L'ambiance au sein d'Europe Ecologie, avec des résultats électoraux pareils, est évidemment très bonne. Ces résultats incitent même tout le monde à être encore davantage responsables et à encore plus jouer collectif pour l'avenir. Contrairement à l'article ordurier de Sylvia Zappi samedi dans Le Monde, qui mettait en valeur des "égarés" de la gauche, faisant écho à la théorie du retour au bercail, la majeure partie des personnes qui ont voté Europe Ecologie le 7 juin, d'où qu'ils viennent, sont globalement très contents des résultats. Et tout est là pour permettre aux écolos de rééditer en mars prochain.
Autant le dire directement : les élections régionales qui viennent seront l'occasion de faire un choix très clair et très simple. Les électeurs vont-ils confier la présidence des régions au Parti socialiste, ou bien vont-ils faire le choix de la pluralité, en plaçant les listes écologistes en tête au premier tour ?
Au vu de l'état du PS, c'est tout sauf une question boutiquière. C'est même précisément une question de fond. Pendant toute la campagne des européennes, les écologistes ont expliqué que les solutions à la crise, aux crises se situaient du côté de l'écologie. Le PS, tout comme le Modem, l'UMP ou le Front de gauche, se contentant d'en appeler, chacun avec des moyens différents, au retour de la croissance.
Lisez cette intervention d'Yves Cochet à l'Assemblée nationale lors du débat sur la motion de censure déposée par les socialistes, et comparez par exemple avec l'explication de vote donnée par Laurent Fabius. Ce dernier formule des critiques justifiées à l'égard du gouvernement, mais d'une manière tellement traditionnelle, que la vision du monde développée par Yves Cochet ne peut que paraître qu'iconoclaste, exagérée, pour ne pas dire farfelue.
Et pourtant...
L'ntervention d'Yves Cochet : http://www.yvescochet.net/wordpress/?p=129
L'intervention de Laurent Fabius :
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mercredi 3 juin 2009 |
Par Antoine Parodi,
mercredi 3 juin 2009 à 13:51 - Elections
Nous arrivons maintenant aux dernières heures avant le scrutin de dimanche, et le bilan est déjà réalisable.
Le premier des constats, c'est l'impasse sur ces élections européennes qu'ont choisi de faire la quasi totalité des partis politiques français, qui explique avant toute chose l'abstention importante attendue dimanche.
Le Parti socialiste et l'UMP ont été aux abonnés absents pendant de longs mois. Pour le parti du président, ces élections sont déjà un succès, puisque l'UMP devrait arriver en tête. Un succès avec un revers cruel : si arriver devant les autres est une victoire, plafonner à moins de 30% de voix, c'est trahir une réalité politique. Le parti qui contrôle tous les rouages des institutions nationales françaises représente moins d'1 électeur sur 3.
La situation du Parti socialiste est encore plus terrible. Après s'être rassuré depuis le début de l'année en expliquant qu'entre 20 et 23% des intentions de vote, le PS réaliserait un score équivalent à ces résultats passés des trente dernières années aux européennes, les signaux d'alerte sont arrivés il y a quinze jours? Avec des sondages situant le PS à moins de 20%. Et, curieusement, les socialistes s'agitent, agressent, insultent. Dernières déclarations en date, celles de Jean-Christophe Cambadélis, qui a affirmé que le rassemblement d'Europe Ecologie était une facade, parce que ni Noël Mamère, ni Dominique Voynet ne faisait campagne pour les listes Cohn-Bendit. C'est incroyablement faux ! Dominique Voynet animait un meeting dans sa ville de Montreuil pas plus tard que la semaine dernière, et Noël Mamère est de la quasi totalité des meetings nationaux !
L'autre déception de cette campagne, c'est celle qui vient du Modem. La tradition démocrate-chrétienne, la pratique de l'ancienne UDF avait fait de ce courant politique le courant le plus pro-européen avec les écologistes. Quel messacre depuis quelques mois ! Au nom des ambitions présidentielles de François Bayrou, le Modem passe à côté de ces élections. J'ai lu le programme du Modem. Il tient sur quatre pages en format A4. Aucunes propositions concrètes, que des phrases générales et de bonnes intentions.
Enfin, sans surprise, le NPA fait campagne pour surtout ne pas être élu. La tête de liste NPA dans le sud-est le disait il y a quelques jours sur France 3. Selon eux, les députés européens n'ont aucun pouvoir pour changer l'Europe. S'ils pensent vraiment cela, quel intérêt à se présenter, autre que de faire un ballon d'essai pour tester la popularité du nouveau parti d'extrême gauche ?
Et puis, il y a Europe Ecologie. La campagne du rassemblement des écolos, des Verts (Dany Cohn-Bendit) à la société civile (Eva Joly) en passant par les écolos associatifs (Yannick Jadot, Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset) et les écolos altermondialistes (José Bové) a commencé il y a six mois. Le travail a été sérieux. Parcourez le programme. Vous verrez qu'on ne se moque pas des électeurs. Sur chaque sujet, les propositions sont concrètes, argumentés, réalistes et radicales.
Cela semble séduire de plus d'électeurs. Les listes Europe Ecologie sont les seules à progresser dans les sondages depuis six mois, passant de 7% en mars à 11% aujourd'hui, avec une pointe annoncée en Ile-de-France (16% d'après BVA, un score absolument historique !).
Tout peut changer d'ici dimanche. Ne vous laisser pas tromper par la fuite en avant des socialistes, les impostures des centristes ou la nonchalance des conservateurs. Votez convictions, sérieux et enthousiasme ! Votez Europe Ecologie !
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jeudi 7 mai 2009 |
Par Antoine Parodi,
jeudi 7 mai 2009 à 15:03 - Réflexions
Le magazine Capital a mis en ligne les « revenus des élus » dans les principaux départements. Le journal Le Monde avait publié quelques données la semaine dernière, concernant le top 5 des personnalités politiques les mieux payées, le champion de France étant Jacques Chirac, qui cumule sa retrait de président, de député, de premier ministre et son indemnité de membre du Conseil constitutionnel, le tout pour un montant de 31 000 euros mensuels. Mais à côté des parachutes dorés à six zéros de certains grands dirigeants des entreprises du CAC 40, il s'agit d'un montant ridicule, peut-on se dire assez spontanément en cette période de récession.
C'est ce que s'est dit l'éditorialiste du magazine Capital, qui constate que le niveau de vie des grands patrons n'a rien à voir avec celui des grands élus. D'autant que, selon lui, les intentions louables de raboter les bonus et autres parachutes dorés sont pleines d'hypocrisie, ce qui est enlevé étant immédiatement repris sous d'autres formes. Et l'éditorialiste de conclure « En matière d’hypocrisie, les élus ont trouvé plus fort qu’eux ! ».
Je n'aime pas ce genre de dossier tape-à-l'oeil, démagogique au possible. D'autant que Capital se fait une spécialité de mettre en avant les errements de l'État et du secteur public avec des titres écrits en très gros contenant les mots « gaspillages », « gabegie », de manière si systématique et sensationnaliste que l'on finirait par penser qu'ils considèrent que dès l'instant où quelque chose est géré par le secteur public, c'est forcément du gaspillage. Comme si les sièges administratifs des grandes entreprises ne connaissaient pas les mêmes problèmes d'absentéisme, de manque de motivation, de gaspillage, de travaux coûteux ou que sais-je que soulignent chaque mois les articles de ce magazine.
Alors, bien sûr, Capital prend soin d'écrire qu'il ne faut pas confondre les grands et les petits élus. Je le dis très clairement, non seulement il ne faut pas les confondre, mais c'est cette différence qui participe du manque de renouvellement de la démocratie et l'enfermement de toute réforme des institutions locales dans les enjeux de reconduction des potentats locaux. L'enterrement programmé du rapport Balladur sur la réforme des institutions, enterrement salué par de nombreux élus de gauche, socialistes en tête, en est une illustration dramatique.
Il y a 500 000 élus en France. L'immense majorité d'entre eux ne gagne rien de l'exercice de leur mandat. Dans les communes de moins de 100 000 habitants, l'indemnisation de tous les conseillers municipaux, y compris ceux qui n'ont pas de délégation, n'est pas obligatoire. Ce qui induit que quasiment tous les élus font de la politique de manière bénévole.
Le premier réflexe est de dire « tant mieux » ! On ne fait pas de la politique pour gagner de l'argent, quand même. Évidemment. Mais si le principe est bon, la mise en œuvre est mauvaise.
Quels sont les élus indemnisés ? Les parlementaires. Les conseillers régionaux et généraux. Les maires. Les présidents de communauté urbaine, d'agglomération et de communes. Les présidents de syndicats intercommunaux. Les maire-adjoints et les vice-présidents d'intercommunalités. Ça concerne combien de personnes ? Entre 150 000 à 200 000 élus, en comptant large.
Et combien gagnent-ils ? Entre 250 et 7 000 euros mensuels. Ce qui signifie très clairement qu'entre l'adjoint d'un village de 500 habitants et le maire d'une ville de 200 000 habitants, il y a une réalité fondamentalement différente. Quand le montant de l'indemnité d'élu est suffisante pour pouvoir se passer d'une activité professionnelle, cela change tout, parce que l'on peut se consacrer à son mandat réellement à temps plein. On peut participer réellement à la gestion politique de la collectivité dans laquelle on est élu.
La question que ne pose pas le magazine Capital, parce que c'est quand même moins sexy en couverture, c'est quels moyens on se donne pour permettre aux citoyens qui souhaitent faire de la politique de pouvoir concilier vie professionnelle et vie politique.
Le Danemark a procédé il a deux ans à une réforme de ses institutions locales, en réduisant le nombre de collectivités, pour permettre aux élus, à dépenses à peu près constantes, d'avoir les moyens de se passer d'activité professionnelle. Sachant que leur législation était déjà très avancée pour faciliter le départ et le retour à la vie professionnelle.
Tant que l'on ne posera pas la question des revenus des élus politiques par cette angle là, Capital pourra continuer à faire des couvertures racoleuses.
Et l'idée que les élus s'enrichissent sur le dos des citoyens continuera de prospérer.
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vendredi 1 mai 2009 |
Par Antoine Parodi,
vendredi 1 mai 2009 à 18:00 - Elections
Vous avez peut-être vu ce tract que le Modem distribue depuis quelques jours. Un petit quatre pages sympa, avec plein de orange partout.
En une, la photo qui occupe tout l'espace de François Bayrou. Un slogan, "Face à la crise, l'Europe est notre avenir". Sympa, comme slogan.
Sur les deux pages intérieures, la photo des têtes de liste du Modem dans les huit eurorégions, sur la moitié de l'espace. Sympa, d'ailleurs, la photo de groupe. Dessous, sur un quart de page à gauche, les noms des têtes de liste classés par région, avec une carte des eurorégions sur l'autre quart de page à droite, et la liste des régions administratives qui les composent. Sympa, comme carte.
Quatrième page : les idées. Des idées très sympas : "contre l'argent-roi, nous voulons que l'exigence sociale, démocratique et écologique soit placée au dessus des règles du marché". Ou bien : "pour une Europe plus solidaire, nous voulons mettre fin à la concurrence sauvage entre Etats européens. Une harmonisation fiscale et sociale permettra de redistribuer les richesses et de défendre l'emploi".
Sur le site de campagne du Modem, même tonalité.
Un contenu sympa. Creux. Mais sympa.
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jeudi 30 avril 2009 |
Par Antoine Parodi,
jeudi 30 avril 2009 à 12:09 - C'est plus complexe qu'en apparence
Le Président de la République a annoncé hier la réalisation d'un métro souterrain de 120 kilomètres en Ile-de-France, et la validation des projets du Conseil Régional en matière de transports publics.
Il faut dire que la nomination de Christian Blanc au Secrétariat d'Etat à la Région Capitale avait entraîné le gel des projets menés par le Conseil régional sur les transports, faute de soutien par l'Etat, notamment financier, puisque tous les projets sont cofinancés.
La première réaction, logique, à la lecture des annonces présidentielles, est de se féliciter du volontarisme politique de Nicolas Sarkozy. On va enfin s'occuper sérieusement des transports en Ile-de-France, et pas avec des demies-mesures : 20 milliards d'euros pour le métro sarkozien, et une quinzaine de milliards pour les projets du Conseil régional, ça a "de la gueule" !

Mais, à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si simples.
1. Le plan de Nicolas Sarkozy n'est en aucun cas financé. Dire on va construire un métro à vingt milliards d'euros est une chose, les trouver en est une autre. En la matière, il ne faut pas compter sur les deniers publics, en période d'explosion du déficit public. Reste l'éventualité d'un partenariat public-privé (PPP), dont le principe est le financement d'un équipement public par le privé, lequel se paye sur l'exploitation du service. Problème : toutes les entreprises du BTP et des transports manquent de cash. Qui, dès lors, va payer ce métro rutilant ?
2. Un métro, il dessert quelque chose. Le tracé actuellement évoqué est avant tout fait pour desservir les projets de pôles de compétitivité et les fameux "clusters", vu par la majorité UMP (le PS étant assez en accord, sur ce sujet) comme des éléments vitaux pour permettre à la région Ile-de-France de concurrencer les autres capitales européennes et mondiales en terme d'attractivité. Ces nouveaux pôles étant le prétexte pour contrecarrer la volonté du Schéma directeur élaboré par les élus régionaux, lequel vise à stopper l'étalement urbain, et à bâtir une agglomération plus compacte, donc moins fracturée et moins sujette à des déplacements interminables. Sauf que l'économie-monde va mal, et qu'elle ne répond pas à l'économie qui fait vivre les 12 millions de franciliens. L'économie des pages saumons du Figaro, c'est très bien, mais quid des emplois Verts liés à la conversion écologique de l'économie, à l'isolation des bâtiments, à l'économie sociale et solidaire (déjà 10% des emplois franciliens aujourd'hui), à la protection de l'environnement, au recyclage...?
3. Quand on regarde le tracé, on est au premier abord surpris par la forme, qui ressemble à un huit, et puis, très vite, on s'aperçoit de choses étonnantes. Ainsi, cette ligne nouvelle pour relier Saint-Denis, Le Bourget, Villepinte et Roissy-CDG, ça s'appelle aujourd'hui le RER B ! Certes, le matériel y est fatigué, les lignes mal entretenues, mais l'Etat n'a pas suivi le Conseil régional, qui a du dégagé tout seul près de 500 millions d'euros pour lancer un programme de rénovation de la ligne et du matériel roulant...
Au final, en lisant entre les lignes, on ne peut qu'être déçu du discours de Nicolas Sarkozy. Les représentations de la modernité, du progrès y semblent davantage influencées par les idées des années 1960-1970 que par celles du début des années 2000. Regardez les dessins du projet de métro au dessus du périphérique parisien. Vous serez surpris d'y reconnaître les monorails des villes du futur des comics des années 1960, avec l'architecture toute arrondie des bâtiments.
Enfin, le Grand Paris de Sarkozy est furieusement centralisé. La création d'un poste au gouvernement spécialement dédié aux projets présidentiels pour "la région capitale" (rien que le nom gomme 25 ans de décentralisation !), ainsi que la méthode d'élaboration, sans aucune information et encore mois concertation avec les acteurs politiques, économiques, sociaux de la région, trahissent une vision jacobine extrémiste du pouvoir d'Etat.
Lequel pouvoir dit aux élus de la majorité PS-Vert du Conseil régional : "en attendant de reprendre la région aux élections de l'année prochaine, on accepte de dégeler vos projets, mais on en les financera pas davantage".
Quelle générosité !
Pour compléter :
la carte du tracé du métro-Sarkozy
la carte des projets de la région
la réaction des Verts Ile-de-France
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